Jean-Marie Le Pen et le suprémacisme de bien de ses opposant·e·s
Jean-Marie Le Pen est mort ce 7 janvier 2025. Il méprisait ouvertement la souffrance et la vie de nombreux êtres humains, et il n'y a aucune illusion à se faire sur sa « vision » vis-à-vis des autres êtres sentients.
Mais critiquer son suprémacisme n'exonère pas les humanistes vis-à-vis du leur vis-à-vis des animaux non-humains sentients. Les actes des non-végan·e·s, ou de l'écrasante majorité (en tout cas dans les pays occidentaux, comme la France et le Québec), vis-à-vis des êtres sentients non-humains n'ont malheureusement rien à envier au projet des Le Pen vis-à-vis des humains, il est en fait défendable que ce soit pire. Un exemple criant nous en est donné avec les palestinien·ne·s, qui sont génocidé·e·s, mais le projet est comparativement « juste » d'en finir avec elleux, tandis que le projet de fait des non-végan·e·s vis-à-vis des animaux non-humains sentients est d'en faire exploités et tués et de recommencer à l'infini en faisant exprès naitre de nouveau pour un déluge à vocation de fait infinie de violence (qui n'est certes très majoritairement que le moyen vis-à-vis du but, mais ça ne change rien pour les victimes). De plus, on peut faire remarquer que la justification de la supériorité du blanc occidental est sur la forme plus présentable que le plaisir et la commodité (et que des espècistes n'aillent pas tenter de défendre la nécessité alimentaire, c'est faux, et on ne les entend bizarrement pas pour réduire au soi-disant minimum nécessaire, ni pour la fourrure, ni pour le zoocuir, ni pour les plumes, etc., en tout cas le plus souvent et d'une manière au mieux partielle le plus fréquemment, avec notamment la corrida et la chasse, ainsi que parfois les zoos et delphinariums) ou que la classique pseudo-justification de la tradition (mais le racisme israëlien a plusieurs décennies et peut donc être considéré comme traditionnel, tandis que personne ou presque ne niera que le patriarcat est traditionnel, mais ça n'en fait pas une justification valable, c'est juste une partie de l'explication de l'attachement aux suprémacismes).
Cet avis ne plaira assurément pas à l'écrasante majorité des non-végan·e·s, notamment à celleux « de gauche » et/ou syndicalistes de classe qui sont prompts à à se prétendre contre tous les suprémacismes. Forcément ça remait en question l'identité avantageuse qu'illes se racontent à elleux-mêmes et au reste du monde. Mais la posture ne changera rien aux faits, notamment pour les victimes. Il faut regarder les faits et leurs conséquences en face plutôt que de lâchement les esquiver ou n'en tirer aucune conséquence sérieuse et continuer avec une violence inouïe et dispensable.
Bien sûr, la majorité des végan·ne·s « (humanistement) responsables (ou à peu près) » se refuse à heurter ainsi. Elle cherche la convergence des luttes, mais en étant de fait prête pour ça à dilluer la charge critique concernant les animaux non-humains sentients. Cela contribue de fait à la vision folklorique et « chacun·e fait comme ille veut » du véganisme, souvent confondu avec le végétalisme (qui est une pratique exclusivement alimentaire et ne concerne donc pas tous les aspects de la vie contrairement au véganisme), mettant les victimes sous le tapis ou présentant de fait leurs oppressions comme secondaires par rapport à celles que subissent des humains, alors qu'il faut au contraire lutter contre cette vision espèciste, tout en sachant pertinemment que cela est pris et sera encore longtemps pris comme une grande violence à l'humanisme et par ricochet aux gens qui y sont attachés de fait.
En rapport avec le sujet
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Sentience
(Gary Francione,
fr.abolitionistapproach.com
, 2012) - Petit traité de véganisme (Gary Francione et Anna Charlton, éditions L'Âge d'Homme, 2015)
- Introduction aux droits des animaux (Gary Francione, éditions L'Âge d'Homme, 2015)
- Un éternel Treblinka (Charles Patterson, Calmann-Lévy, 2008)
- La Révolution antispéciste (PUF, 2018 ; Alpha, 2023)