L214, végétarisme et bien-êtrisme
Sur l'ordinato-plateforme privatrice et centralisée
YouTube
du Big Brother capitaliste
Google,
le 30 novembre 2024,
L214
publie une vidéo intitulée
Ce végétarien ramassait des animaux morts (le comble)
.
Mais en quoi serait-ce un comble ?
Les vaches et leurs petits sont tués
pour le zoolait
que les (lacto-)végétaristes consomment.
Les poules sont tuées,
comme les bébés mâles
s'il n'y a pas ovosexage,
pour les oeufs
que les (ovo-)végétaristes consomment.
Le végétarisme tue,
même en se restreignant à l'alimentation.
Le cadrage de L214 continue avec la description :
Yohann, ancien chauffeur dans une société d'équarrissage,
livre un témoignage poignant
sur l'envers du décor des élevages industriels :
conditions de travail éprouvantes,
souffrance animale
et réalité méconnue d'un système intensif.
Une plongée au cœur d'un métier méconnu
et des conséquences invisibles de la production de viande.
Avec la description de la vidéo,
L214 ré-insiste :
le problème serait la viande.
Pourtant les oeufs et le zoolait provoquent aussi souffrance et mort.
De plus, les conséquences
de la production d'oeufs et de lait
sont moins triviales,
elles sont invisibles
puisqu'il n'y a pas le cadavre
(sous une forme plus ou moins aseptisée).
Mais L214 ne s'attaque pas là, comme souvent,
à la production de produits animaux en toute généralité.
Son sujet là,
et ce n'est pas une exception dans sa communication,
au contraire,
c'est une manière spécifique d'en obtenir :
les élevages industriels
/ un système intensif
.
Cependant, pour nous, les petits élevages paysans ne sont pas acceptables (hors nécessité impérieuse, mais personne ne peut sérieusement défendre que c'est le cas pour les sociétés occidentales comme la France qui est le pays de L214). Ils sont moins pires, mais ça ne les rend pas pour autant acceptables. De la même manière : il est moins pire qu'un mec mette la main au cul d'une femme non-consente qu'il ne la tue, mais ça ne rend pas pour autant acceptable la main au cul non-consentie, et le fait que le patriarcat ne tombera pas malheureusement demain ne rend pas pragmatique de présenter comme un problème la manière dont sont faites les agressions patriarcales au détriment de l'oppression patriarcale elle-même.
Le problème c'est d'exploiter et tuer des êtres qui ont intérêt à ne pas l'être, parce qu'ils peuvent ressentir la souffrance et que c'est un moyen pour la continuité de la vie. Les oppresser en l'absence de nécessité impérieuse est le problème, pas la manière de le faire (que ce soit fait intensivement ou industriellement est bien secondaire), pas pour tel produit ou service dispensable spécifique (comme la chair). Ce qu'il faut revendiquer de toutes les personnes (qu'elles soient individuelles ou morales) c'est l'arrêt de la contribution à l'oppression, du moins autant que faire se peut (et étant bien clair que la tradition, le plaisir et la commodité ne relèvent sans ambiguité pas de la nécessité).
Pour une très grande partie des individus des pays occidentaux, c'est possible dès maintenant. Pour les personnes morales, comme les entreprises à vocation lucrative, c'est aussi possible de suite en principe, mais ça peut tristement être délicat si la population correspondante ne le veut pas. Il faut donc individuellement rejetter autant l'omnivorisme que le végétarisme, mais également l'oppression prétendument compassionnelle, et ce dans tous les aspects de la vie (donc pas juste dans l'alimentation : le végétalisme est indispensable mais pas suffisant). Ce boycott permet de faire pression et peut être propice à engendrer de discuter. Mais il est vrai que ce n'est pas suffisant : il faut aussi provoquer le débat, et pas juste le suciter très timidement, ainsi qu'avoir la visée de l'universalisation par l'interdiction légale et son application, et pas juste se cantonner à la voie éducative. Pour contrer l'oppression animale, il faut s'abstenir d'y participer autant que possible, éduquer et mener une lutte politique pour sa fin, et pas prétendre que seraient acceptables le végétarisme et une oppression soi-disant raisonnable (si elle ne nous est pas impérieusement nécessaire). À ça, on peut donner un nom : la politique véganiste militante.
En rapport avec le sujet
Motivation au véganisme
- Sentience (Gary Francione, blog, 2012)
- Petit traité de véganisme (Gary Francione et Anna Charlton, éditions L'Âge d'Homme, 2015)
- Introduction aux droits des animaux (Gary Francione, éditions L'Âge d'Homme, 2015)
Références pratiques sur le véganisme
-
www.vivelab12.fr
(site web dédié à cette précieuse vitamine à ne surtout pas négligier) -
jemangevegetal.fr
(site web synthétique et sérieux sur la nutrition végétalienne) -
HowDoIGoVegan.com
(site web en anglais pour aider à devenir végan·e)
Critique du bien-êtrisme / welfarisme
- Comprendre la position welfariste (Gary Francione, blog, 2013)
- Les quatre problèmes du mouvement en faveur du bien-être animal : en résumé (Gary Francione, blog, 2007)
- À propos du militantisme de type « sang et tripes » (Gary Francione, blog, 2009)
- Rain without Thunder: The Ideology of the Animal Rights Movement (Gary Francione, Temple University Press, 1996)
Critique du végétarisme
- Pourquoi le véganisme doit être la base (Gary Francione, blog, 2011)
- Quelques commentaires sur le végétarisme en tant que « passerelle » vers le véganisme (Gary Francione, blog, 2009)
Réflexions sur comment militer
- Courtes thèses pour une organisation à dominante francionienne (Nicola Spanti, site web personnel)
- Advocate for Animals! An Abolitionist Vegan Handbook (Gary Francione et Anna Charlton, Exempla Press, 2017)