Le journal "La Décroissance" et les animaux non-humains
La Décroissance est un journal en français.
Il est fait par
Casseurs de pub.
Il a été créé en mars 2004
(avec le numéro 20 car il est la suite d'un précédent titre).
Il se présente comme
le journal de la joie de vie
.
Sa tendance est l'écologie politique
et la décroissance pour un temps.
La Décroissance se veut anti-capitaliste
et critique de la société de consommation.
Le journal fait des critiques acerbes
contre l'idéologie croissantiste et son monde,
tout en promouvant la sobriété,
pourtant il use abondamment de couleurs et d'images.
De par sa critique de son monde contemporain
et la volonté d'un retour en arrière sur certaines choses,
on peut penser qu'il défend parfois des propos réactionnaires,
comme on peut par exemple penser que cela est fait dans
les pages 12 et 13 du numéro 161 de juillet-aout 2019.
Dans ce journal, il est peu question des animaux non-humains, ce qui se comprend tout à fait au vue de son orientation. Il peut prôner des mesures en faveur des animaux non-humains, mais il peut tout autant ne pas avoir de problème avec leur exploitation. Typiquement l'élevage à la ferme pourra être présenté positivement, tandis que l'industrialisation de l'exploitation sera condamnée. Si on devait lui définir une tendance vis-à-vis des animaux non-humains, le welfarisme serait probablement approprié et en fait plus précisément l'exploito-welfarisme. Il est du coup compréhensible d'y trouver de l'anti-véganisme, qui peut être particulièrement violent, mais ce caractère violent s'inscrit dans la ligne plus générale du journal et n'est donc pas spécifique au véganisme.
Actualités
Numéro 30 de février 2006
L'anti-espècisme
est explicitement combattu
dans le dossier "Les faux amis de décroissance".
Il y est affirmé que ce qui fait la spécificité
de l'Homme
(pourquoi pas plutôt de l'Humain ?)
par rapport aux animaux
(car implicitement l'humain n'en serait pas)
serait le libre-arbitre et la liberté de conscience.
On peut juger cette position
comme étant pour le moins critiquable.
On peut par exemple penser au
spinozisme,
et proposer en particulier d'éventuellement s'intéresser à
Frédéric Lordon
et notamment à un texte dédié à ce sujet tel que
"La querelle du déterminisme en sciences sociales :
un point de vue spinoziste"
dans "Spinoza et les passions du social"
aux éditions Amsterdam en 2019.
Pour le coup, cette position
qui revient implicitement à considérer que
l'humain est un empire dans un empire,
sans que ne soit expliqué pourquoi il en serait ainsi,
est tout à fait qualifiable de libéral-libertaire
(car la pensée capitaliste pseudo-libérale
pré-suppose le libre-arbitre, souvent voire toujours,
comme on peut juger que c'est aussi
le cas de la pensée libertaire
au moins jusqu'au début du 21ème siècle),
or libéral-libertaire
est utilisé par le journal
pour désigner des ennemis idéologiques.
Et si on voulait boucler la boucle jusqu'au bout
alors Frédéric Lordon peut encore s'avérer adapter :
on ne lutte pas radicalement
contre l'imaginaire néo-libéral
qu'en s'attaquant à son noyau dur méta-physique,
c'est-à-dire à sa conception de l'homme [(sic)]
(dans "Béquilles et imbéciles heureux"
qui est la dernière sous-sous-partie du livre
"La Société des affects - Pour un structuralisme des passions"
publié en 2015 aux éditions Points
et originellement paru en 2013
aux éditions Seuil).
Numéro 160 de juin 2019
-
En page 7, on peut y lire un article de Philippe Souchet.
Celui-ci est nommé "Boycottons les sites de boycott !".
En sein, on trouve la phrase suivante :
Ils [les consom'acteurs qui appellent à boire un cola alternatif plutôt que du Coca quand les deux rendent obèse] veulent libérer les orques de Marineland et que les animaux du zoo de Fréjus vivent dans de meilleures conditions quand nous préférons voir fermer tous ces cirques animaliers.
-
En page 16, il y a un encart nommé "Délire progressiste".
Il y a un extrait qui viendrait
du journal Le Figaro
et qui serait du 25 avril 2019 :
Des chercheurs chinois ont modifié l'ADN des macaques rhésus pour leur donner un gène impliqué dans le développement cognitif humain. Une expérience critiquée qui ébranle la frontière entre l'homme et l'animal.
Le commentaire qui en est fait est le suivant :Le Progrès est un cauchemar les yeux ouverts.
Numéro 162 de septembre 2019
-
En page 14, à propos du livre "Sobriété et décroissance"
de Boris Pijuan,
on peut lire ce qui suit :
Sa thèse ne sert en fait qu'une vision scientiste qui l'amène logiquement à l'antispécisme (indifférenciation humain/animal).
Numéro 163 d'octobre 2019
-
En page 13, on trouve un article intitulé
"Quand l'écologie perd la tête"
de Vincent Cheynet.
Celui-ci est labelisé "Santé mentale".
On y retrouve un extrait
du Numéro 30 de février 2006.
Il combat explicitement et vigoureusement
l'anti-espècisme.
Ce dernier est décrit comme une
impasse philosophique
qui conduitplus clairement [à] la folie
, ce qui est clair et net, quoi qu'on en pense ce n'est au moins pas de la langue de bois. Vers la fin, il est exprimé quela perspective indifférentialiste entre l'humain et l'animal est un produit de nos sociétés hors-sol
. Elle naitraitd'un désir de pureté
qui consisterait àespérer vivre comme un esprit pur
. On trouveraitcette même perversion à l'oeuvre dans tous les fondamentalismes et fanatismes
. De plus, celle-ci serait souvent compatible avec le capitalisme, que le journal a la vocation de combattre en vue d'instaurer un système politique social (qui ne serait donc pas le féodalisme). Ensuite, est dénoncéles délires utilitaristes
de Peter Singer qui est présenté commele pape de l'antispécisme
, alors qu'on peut rejeter sa vision utilitariste et tout de même être en faveur de l'anti-spécisme, comme c'est par exemple le cas de Gary Francione qui d'ailleurs est contre lui et le considère comme étant spéciste, en entre autres par ce qu'il aurait qualifié le véganisme comme étantextrême
en sous-entendant ainsi qu'il serait non-souhaitable et qu'il aurait été suffisamment idiot pour s'allier à la chaine de fast-food Mac Donald's en vue de l'accompagner pour soutenir des mesures officiellement présentées comme welfaristes. Toutefois, en conclusion, il est reconnu qu'il est sain et nécessaire de manger moins de viande, mais il ne faudrait pas pour autant aller jusqu'à l'anti-spécisme. -
En page 13, dans "Les entretiens du professeur Foldingue"
qui est ce coup-ci nommé "Greta le dérèglement",
il y a cela exprimé par le professeur :
tu es le symptôme du dérèglement du monde ; de la confusion générale produite par le capitalisme libéral entre l'enfant et l'adulte, l'humain et l'animal, le normal et la folie
. -
En haut à droite de la page 15,
dans l'encadré "Pacte du mois de Nicolas Bertran"
qui est cette fois-ci intitulé "Bonheur à volonté",
on peut y lire ce qui suit :
comme toutes les religions, il en découle une myriade de petites sectes qui s'ignorent ou se détestent cordialement entre elles. Les survivalistes, les Verts libéraux ou les végans n'ont pas les mêmes prières.
Numéro 164 de novembre 2019
-
En page 6 et 8 (et non 10 comme indiqué),
il y a "On arrête les bêtises ?",
autre nom pour "La saloperie que nous n'achèterons pas".
"Le poulet industriel" est dans le viseur
et l'auteur est Raoul Anvélaut.
Il y est affirmé que
[les] conditions de vie des animaux hors sol [sont] effroyables
. Comme on pouvait s'y attendre de la part de ce journal, c'est l'élevage industriel seulement qui y est critiqué, et ce avec une emphase bien plus prononcée sur l'aspect anti-écologique que sur celui animaliste.
Numéro 165 de décembre 2019 et janvier 2020
-
En page 26 et 27, on peut lire
"Quand la cause animale sert
l'industrie des biotechnologies".
C'est une entrevue de
Jocelyne Porcher.
Elle est présentée comme
sociologue chercheure à l'Inra et ancienne éleveuse de brebis
et il est indiqué que son dernier ouvrage est "Cause animale, cause du capital" (Le Bord de l'eau, 2019). Elle y défend que le véganisme servirait la cause du capitalisme, car cela serait favorable à l'industrie des bio-technologies, qui effectivement développe de la viande artificielle produite à partir d'une ou plusieurs cellules sans animal et plus globalement des substitus pour tout. Cependant, cela n'est nullement une fatalité, puisque le véganisme a existé avant et est toujours possible sans, notamment nutritionnellement grâce aux légumineuses et oléagineux, donc le véganisme peut conduire à cela, mais ce n'est nullement mécanique, puisqu'une société végane pourrait très bien s'en passer, mais il est vrai qu'il lui faudrait produire de la vitamine B12 qui soit bio-active chez l'humain, voire le modifier génétiquement pour supprimer ce qui peut être perçu comme un "problème". Il est ensuite critiqué que la cause des animaux non-humains n'est pas la seule et qu'il y a (ou qu'il devrait y avoir) aussi la cause humaine, comme Karl Marx l'avait déjà pointé du doigt, ce qui est une remarque pertinente pour une partie du mouvement, mais une partie seulement et c'est donc un mauvais argument pour le rejeter dans son ensemble. La suite est une approbation de l'élevage. La relation entre les animaux non-humains et l'humain serait bénéfique, donc l'élevage serait souhaitable, mais on peut pourtant avoir des relations sans exploitation. Pour finir, on a le droit à une promotion des circuits courts, de la paysannerie, de la polyculture, etc., et il est reconnu qu'il faut réduire, sans pour autant arrêter, la consommation de produits animaux. - Dans la partie droite de la page 27, dans le haut de l'encart "Lectures", on trouve le titre "Éleveurs". Il y ait clairement fait la promotion du livre "Paroles paysannes sur les relations humain-animal. Plaidoyer pour l'élevage paysan" (2019) de la Confédération Paysanne.
Numéro 168 d'avril 2020
- Dans la partie haute de la page 6, on retrouve "La saloperie que nous n'achetèrons pas". Elle est cette fois dédiée à "La farine d'insectes". C'est essentiellement descriptif, bien que la ligne habituelle du journal soit tout de même bien perceptible. Y est dénoncé la gigantomanie, l'artificialisme et l'industrialisme. En revanche, il n'est quasiment pas évoqué le sort des animaux non-humains, si ce n'est pour évoquer un partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (ainsi que la WWF) et des capteurs surveillant l'humidité et la température (évidemment non avec pour finalité de permettre des bonnes conditions aux insectes, mais comme moyen pour avoir le moins possible de pertes et donc optimiser l'installation et in fine les profits). Malgré que le message ne soit pas du tout végétarien et encore moins végan, on peut au moins se réjouir (message écologiste mis à part) qu'il n'y ait point d'espècisme (c'est-à-dire de discrimination en fonction de l'espèce), puisque la famille d'animaux non-humains exploités (en l'occurrence les insectes) n'est qu'un contre-exemple et un prétexte pour dénoncer quelque chose de bien plus général. Pour les curieux et curieuses, l'entreprise lucrative en question est Ynsect.
Numéro 170 de juin 2020
-
À la page 15, dans l'article nommé
"Décroissance et démagogie, quels rapports ?",
on peut y lire une charge contre
l'industrialo-véganisme :
Ainsi se dessinent, à chaque élection ou presque, des listes de voeux pieux basés sur […], voire une alimentation végane où les oeufs de nos poules sont remplacés par des substituts végétaux fabriqués en laboratoire1…
La note 1 précise :Cette atroce initiative se nome
Cette pensée est celle de Ludivine Benard.Les Merveilloeufs, les tout premiers oeufs végétaux
.
Numéro 173 d'octobre 2020
- En haut à droite de la page 15, il y a "le pacte du mois de Nicolas Bertrand." Il est cette fois consacré à la glu pour capturer les oiseaux. Sur un ton non-sérieux, il s'en prend à la chasse et défend les intérêts des êtres sentiens.
Numéro 174 de novembre 2020
- À la page 2, il y a, comme d'habitude, "[les] courriers des lecteurs". On y trouve "Biches des chênaies" de Jacqueline Kelen. La chasse y est décriée, dont évidemment ses pratiquant·e·s, et il y a une moquerie ironique sur le présupposé implicite de l'innonce exceptionnelle de l'humain, base bien fragile (et très très rarement explicite) fondant médiocrement en bonne action la tuerie d'animaux non-humains au nom de la régulation de l'environnement (et plus particulièrement ici de la forêt). C'est clairement zoonimaliste.
- Dans la partie inférieure de la page 4, il y a la chronique d'Alain Accardo. Ce mois-ci, elle est nommée "Fratelli tutti", nom de la troisième encyclique du pape François. On peut noter que l'auteur de l'article perçoit favorablement le respect pour les animaux non-humains, mais nous n'aurons pas de précision sur sa pensée, à tout hasard ce que cela impliquerait pratiquement, mais cela n'est pas le sujet de son texte et on ne peut donc pas trop lui reprocher là. En revanche, il ne faut pas y percevoir (juste avec ça) une hétérodoxie vis-à-vis de la ligne du journal, car l'intérêt pour les intérêts des animaux non-humains est clairement présent dans ses colonnes, mais au moins principalement sous une forme exploito-welfariste, dont le contenu particulier de la dite forme consiste en une condamnation de l'élevage industriel accompagnée d'une approbation de l'élevage paysan et la réduction de la consommation qui conduit à une alimentation de fait plus végétale mais sans toutefois s'y borner.
-
La page 7 est quasiment exclusivement
(à l'exception de l'action du mois)
consacrée à une entrevue sur la simplicité volontaire.
Elle a pour titre "Faire le vide".
On peut y lire de l'interviewée, Nadège, que
on ne mange quasiment plus de viande
. On peut noter que cela s'inscrit très bien dans la ligne du journal, qui est pour un fort réductionnisme et en revanche contre un changement plus radical, ce que l'on pourrait résumer par moins mais pas pour autant plus du tout. -
En page 13, il y a l'entretien du professeur Foldingue.
Il y ait fait mention du livre intitulé
"La pensée végane, 50 regards sur la condition animale",
fait sous la direction de
Renan Larue
et publié chez PUF (Presse Universitaire de France).
Dans ce livre, on pourrait y lire,
et ce serait en fait carrément le nom d'un chapitre,
que
le véganisme ne peut être décroissantiste
(alors même que ce n'est pas du tout le sujet du véganisme, ou du moins nullement dans la conception ultra-dominante jusqu'à maintenant de celui-ci), ce qui évidemment plait au journal pour aider à l'enfoncer (puisque le thème du journal est précisément la décroissance et ce dans une optique clairement favorable, en fait même de promotion et de diffusion, donc la vaste majorité son lectorat est très probablement conquis à l'idée). Un autre nom de chapitre serait, d'après l'article du journal "La Décroissance",Une voie de sortie pour le refus de l'Homme
, ce qui est très vraisemblablement mal vu (par la ou les personnes autrices de cet entretien imaginaire), car l'humain est plutôt présenté généralement comme en rupture radicale avec les animaux non-humains et que prétendre l'inverse relèverait de confusionnisme. De ce chapitre, est cité un long extrait ayant prétention à faire un lien entre masculinté-patriarcat, pris dans une perspective anthropocentrique, et exploitation des animaux non-humains, ce qui est fort vraisemblablement mis en avant pour dénoncer la mise en lien.
Numéro 175 de décembre 2020 et janvier 2021
-
En page 3, il y a à droite une section "Éditorial".
Le titre de cette édition est "Essentiel".
Vis-à-vis des animaux non-humains,
on peut y lire ce qui suit :
on voit que notre président [Emmanuel Macron] est écolo, il autorise les chasseurs qui sont évidemment essentiels à eux-mêmes et à la nature qu'ils protègent, sinon finie cette forme particulière d'amour des bêtes qui consiste à leur tirer dessus
. - Dans la partie inférieure de la page 6, on retrouve "L'écotartufe du mois". Cette fois il s'agit de Hugo Clément. Ça part de son livre en 2019 publié au Seuil et nommé "Comment j'ai arrêté de manger les animaux". Il lui est reproché que ce ne sera nullement suffisamment d'arrêter de consommer des produits animaux et que l'élevage est important dans le monde paysan.
Numéro 177 de mars 2021
- À la page 2, dédiée aux courriers des lecteurs et lectrices, il y en bas à droite l'un d'eux nommé "Paysans". Une grosse partie est une prise de position en faveur de l'élevage non-industriel et de la chasse. L'auteur se revendique de la confédération paysanne.
- Dans la partie basse de la page 6 et la partie gauche de la page 8, il y a l'article dédié à "l'écotartuffe du mois". Raoul Anvélant en est l'auteur. La personne désignée du mois est Fatima Ouassak. Une grosse partie de l'article tourne autour de l'alternative végétarienne dans les cantines scolaires, que des mères auraient réussi à faire imposer et dont se féliciterait Fatima Ouassak qui y aurait participer. Au début, ce n'est ni l'action ni le résultat qui sont critiqués, mais la revendication d'un aspect décolonial. Par la suite, il y a une remise en contexte de la proposition du végétarisme à la cantine scolaire. Ensuite, c'est le végétarisme en tant que tel qui est attaqué et certains de ses soutiens. Sur cet aspect, la charge s'arrête avec la section "Racisme d'État".
- La page 7 est quasiment intégralement dédiée au sujet habituel de l'exemple de simplicité volontaire. Les désigné·e·s de ce mois sont Rached et Marion, qui font une ferme pédagogique dans le "marais de Mira" à côté de Saumur et de la Loire. Marion dit, ou aurait dit d'après le journal, qu'elle et sa soeur auraient toujours été plus attirées par les animaux que par les poupées. Tandis que la soeur serait devenue soigneuse animalière, Marion aurait fait monitrice d'équitation. Le journal ne trouve évidemment rien à y redire, comme si exploiter des chevaux pour le divertissement était en phase avec un intérêt compassionnel pour les animaux non-humains ou qu'il serait moralement normal d'y avoir un intérêt clairement non-nécessaire pour les exploiter pour se divertir. Sur l'exploitation des animaux non-humains, on peut aussi apprendre que le couple en retient prisonniers à son profit et, de ce que l'on peut en lire, il ne semble pas y avoir l'intention de limiter autant que possible (ce qui pourrait amener à s'en passer) et à priori pas non plus de le faire d'une manière se voulant bien-êtriste (mais là-dessus on peut toutefois noter que le type d'exploitation, à savoir une petite exploitation gérée par 2 personnes avec peu de machines et de batiments, implique de fait que ce sera de loin bien moins pire que la façon majoritaire de l'époque, car les animaux non-humains peuvent gambader à l'air libre et ne sont pas ultra-entasés les uns sur les autres). De plus, est indiqué qu'il se revendique de la permaculture, qui prône très clairement l'exploitation des animaux non-humains à des fins de productivité du point de vue humain et dans la perspective de la fin du mode de production basé sur une profusion d'énergie et d'usage massif de productions externes (pesticides, engrais à base de pétrole ou dihydrogène, plantes artificiellement non-reproductibles, etc.).
Numéro 178 d'avril 2021
-
À la page 9, dans la partie droite "Lectures",
en haut à droite de celle-ci,
il est titré "Monde malade".
C'est sur le livre
"Le hantement du monde : zoonoses et pathocène"
de Gil Bartholeyns
aux éditions dehors.
L'auteur est présenté comme étant
spécaliste de la condition animale
. Le journal La Décroissance apprécie la critique de la concentration industrielle des zoonimaux, mais il regrette que la critique ne pointe pas que le problème est plus global et que le "bio" soit injustement traité. Mais pour ce qui est des conditions de vie et la mort des animaux non-humains, le journal n'a là point de mot, le point de vue y est (de fait) anthropo-exclusif. -
En page 14 et 15, il y a le débat du mois,
qui est "À quels enfants allons-nous laisser le monde ?".
À son début, en page 14,
en fin du premier paragraphe de l'intervention
d'Elsa Job-Pigeard,
on trouve ce qui suit :
il me semble que le langage, c'est ce qui fait de nous des humains, ce qui nous différencie des animaux !
Numéro 179 de mai 2021
- En page 7, il y a l'article du mois sur la simplicité volontaire. Cette fois il se nomme "Remède cheval". À travers l'entrevue, il conte l'exploitation de chevaux par une famille qui est en train de s'y mettre.
Numéro 180 de juin 2021
-
En page 2, il y a les courriers choisis des lecteur·e·s.
L'un d'eux est nommé "Combat anthropologique".
On peut y lire ce qui suit :
L'homme ancien contre les mutants. La mesure contre la démesure. La frontière contre la fluidité. La décence commune contre l'indécence diffuse. Le boeuf bourguignon contre le steak au soja. L'odeur d'une matinée d'automne contre le cyberespace. Les Amish contre Macron. La France contre les robots.
On comprend implicitement que le steak au soja est classé du mauvais côté, contrairement au boeuf bourguignon. Le carnisme est ainsi valorisé et c'est l'inverse pour le végétarisme. - Dans la partie haute de la page 6, il y a la saloperie que nous n'achèterons pas. Celle du présent numéro est la viande in vitro. Ça a été écrit par Raoul Anvélaut. Y est dénoncé celleux qui en font la promotion (dont David Chauvet et Thomas Lepeltier) et celleux qui apportent des moyens pour en réaliser (dont Bill Gates, Sergey Brin, Jerry Yang, Richard Branson, Vinod Khosla, et Peter Thiel, pour ce qui est des personnes individuelles ; mais aussi, cette fois c'est des personnes morales, Cargill et Tyson, ainsi que la fondation Open Philanthropy Project, ou encore PETA). Il y a 3 références présentées positivement : Jocelyne Porcher, Gilles Luneau, Bernard Charbonneau (que le journal apprécie particulièrement et bien au-delà de ce sujet). La dernière note de bas de page, la 7ème, précise l'auteur est toutefois pour une réduction de la consommation de viande et contre les abominations de l'élevage industriel. La solution prônée est le modèle paysan de la polyculture-élevage.
- Dans la partie basse de la page 6 et dans la partie haute de la page 8, il y a l'article sur l'écotartuffe du mois, qui est Donna Haraway. Nous traiterons ici que ce qui est dit vis-à-vis des animaux non-humains. Dans cette perspective, il lui est d'abord reproché de vouloir en finir avec les dualismes, dont la couple humain/animal. Plus loin il est question de sa chienne, des relations qu'elle aurait avec elle et la manière de les raconter. Ensuite y est dénoncé avec horreur le souhait qu'elle aurait, ou notre inévitable futur ?, de désagrégation de l'humain dans le non-humain. Cela conduirait notamment à modifier les corps humains pour y intégrer un ou des éléments d'autres espèces.
-
En page 10, en rapport avec la chronique
d'Alain Gras,
qui ce mois est sur les chimères de la science,
il y a une affiche d'un film à gros budget.
C'est "La planète des singes - suprématie".
Le commentaire qui en est fait n'est pas mélioratif :
Le dernier volet de l'affligeante série états-unienne traversée par l'idéologie antispéciste, trahison du texte de Pierre Boulle.
En revanche, l'oeuvre d'origine (de 1963) est conseillée. - Sur la page arrière, en haut à droite, il y est vite fait implicitement mention à Ynsect, qui avait déjà été abordé dans le numéro 168 d'avril 2020.
Numéro 182 de septembre 2021
-
En page 7, au sein de la rubrique "Simplicité volontaire",
dans la première colonne de l'article,
en réponse à la seconde question,
est répondu ce qui suit :
On est végétariens, pour nous c'est un choix philosophique et politique.
-
Dans la partie gauche de la page 10,
à savoir "Un pacte européen pour la destruction durable",
qui est la chronique d'Alain Gras,
dans le bas de la seconde colonne,
on peut y lire ceci :
la population [humaine] de la planète fait face à un besoin croissant de nourriture, si possible de moins en moins carnée.
-
Dans la partie gauche de la page 12,
dans la seconde colonne, on peut lire ça :
Nous prenons leurs arbres, leurs plantes et faisons mine d'ignorer qu'elles sont le milieu de vie indispensable à des peuples et des animaux.
On retrouve là la séparation classique, et chère au journal La Décroissance (même si ce n'est pas lui en l'occurrence qui est auteur des dites lignes), entre humains et animaux, sous-entendus que non-humains. Sur un plan non-animaliste, on peut constater, et même s'étonner, de cette description relationnelle vis-à-vis des plantes (dont les arbres font parti), car, en effet, pourquoi considérer qu'ils leurs appartiennent, qu'ils sont les leurs ?
Numéro 184 de novembre 2021
-
En page 9, dans la section jaune des lectures,
il y a 2 sous-sections sucessives
où il est question d'animalisme.
-
En bas à gauche, il y a "Procès".
C'est à propos du livre
"Le Grand Procès des animaux",
écrit par Jean-Luc Porquet
et publié aux éditions Faubourg en 2021.
Dedans
Jean-Luc Porquet imagine un procès à grand spectacle, celui d'animaux qui doivent expliquer pourquoi leur espèce mérite d'être préservée
. Comme le relève le journal :Voila qui plaira aux antispécistes !
Et hop, on passe à autre chose. Le procès en fait c'estcelui de l'homme
.Ah bon ? On se croirait revenu avant les Thèses sur Feuerbach [Karl Marx, 1845] "l'Homme" — cette chose qui n'existe nulle part sinon dans la tête des philosophes idéalistes. Non, ce qui a foutu en l'air le climat et détruit la planète [ou plutôt de bonnes conditions de vie sur celle-ci pour nombre d'espèces], ça n'est pas "l'Homme", ce sont les hommes capitalistes. Andreas Malm a fait litière de cet absurde "Anthropocène"
(Frédéric Lordon, entretien avec BALLAST du 18 novembre 2021). Le journal La Décroissance continue quelques mots plus loin par ce qui suit :C'est le développement [de quoi ? évalué de quelle(s) manière(s) ? pourquoi ne pas être plus précis ?] qui est mis en accusation, la surexploitation de la nature
. Par exemple : est-ce être développé que d'exploiter et tuer des animaux non-humains, c'est-à-dire des sentients avérés, en l'absence de nécessité ? et à fortiori si c'est fait massivement ? Une vision morale et pro-sentience du développement répondrait fort probablement par la négative. Il n'y a pas de raison de prendre nécessairement le point de vue capitaliste (qu'il soit pseudo-libéral ou d'État) ou capitalo-productiviste (le capitalisme cherche à produire du profit en comptant à partir de valeur abstraite, donc on pourrait envisager qu'il arrive peut-être un jour à se détacher de son penchant productiviste, comme les produits dits bios et éthiques pourraient en être des prémisses pas encore passés au stade de la généralisation ou au moins au stade hégémonique), comme s'il était naturel. -
En haut au centre,
la sous-section se nomme "Monisme".
Y est critiqué le livre
"Primauté du vivant. Essai sur le pensable",
écrit par Dominique Bourg et Sophie Swaton,
et publié aux éditions PUF
(Presses Universitaires de France)
en cette année 2021.
Cette fois, on retrouvera
une attaque habituelle du journal
contre l'anti-spécisme,
ce que le titre laissait d'ailleurs présager.
En effet, le monisme consisterait en
des théories de l'indifférencié et du Grand Tout
. Bernard Charbonneau, que le journal adore, sera invoqué pour contrer cette pensée inadéquate. En effet, elle sacrifieraitle multiple et donc la liberté
, rien que ça ! Mais peut-être en fait détruit-elle l'illusion de liberté pour l'humain, comme l'a affirmé le moniste Baruch Spinoza (et à sa suite Frédéric Lordon). Mais le journal penche plutôt pour la piste dela planche savonnée de toutes les dérives "woke", néoféministes, antispécistes, fruit de l'anthropologie du capitalisme [dit] libéral.
-
En bas à gauche, il y a "Procès".
C'est à propos du livre
"Le Grand Procès des animaux",
écrit par Jean-Luc Porquet
et publié aux éditions Faubourg en 2021.
Dedans
Numéro 185 de décembre 2021 et janvier 2022
-
En page 28, il y a la chronique de François Jarrigue.
Dans ce numéro, elle porte le titre suivant :
Le grand confinement des poules
. Le problème n'est pas, ou plutôt ne serait pas, l'élevage des poules et leurs mises à mort en l'absence de nécessité. Comme l'indique très clairement le titre, ce qui est dénoncé c'est le confinement des poules. Mais même l'animalite bien-êtriste, pour lequel cet article pouvait semblait prometteur, n'y trouvera pas son compte, ou indirectement. En effet, ce qui est mis en avant est que cela nuit à certains modes d'élevage et donc par ricochet à certaines personnes éleveuses. Le sort des poules n'intéresse lui pas trop. En revanche, l'élevage indutriel des poules est dénoncé, dont la bio-insécurité qui prétend rationnellement faire les choses dans l'élevage en poussant à toujours plus d'industrialisation de celui-ci. L'article offre donc des arguments contre la forme d'élevage la plus nuisible aux individus animaux, mais (dans une optique de la terre brûlée) c'est aussi celle la plus susceptible d'affecter et d'ouvrir une brêche pour aller plus loin que le simple bien-êtrisme et l'écologie.